Elie Besnard du château

Buste d’ Elie Besnard du Château, réalisé par le sculteur Jean Baptiste Edmond Grasset, né le 21 juin 1852 à Boussay et mort le 15 novembre 1880. Son buste, réalisé alors qu’il a 81 ans, montre un vieillard aux traits marqués, à l’air triste. Personnage haut en couleur et qualifié de « pittoresque » par les chroniques locales, il aimait se distinguer, arborant parfois un fez oriental, comme le montre le buste en plâtre Il orne aujourd’hui son tombeau dans la Chapelle Notre Dame des Anges.
Élie Besnard est né à Ligueil le 30 brumaire, an III de la République (20 novembre 1794) En pleine période de troubles post-Terreur révolutionnaire, son baptême doit être célébré en secret, nuitamment et clandestinement au cœur de la petite chapelle Notre-Dame-des-Anges.
Se faisant appeler Besnard-Du-Chateau, il est un personnage pittoresque et une figure de Ligueil au XIXe siècle. Héritier d’une famille riche et influente, il possède de nombreuses terres à Ligueil et aux alentours.
Un érudit défenseur du patrimoine local
Élie Besnard à suivi de longues études religieuses qui ont fait de lui un personnage érudit. S’il ne fut pas prêtre, il est demeuré célibataire et il habitait à Ligueil dans un lieu qui semble correspondre à l’actuelle propriété du docteur Delaune.
Il écrit sur Ligueil « Notice historique sur la ville de Ligueil, »en 1873 et une mise à jour en 1874
Héritier d’une riche lignée, c’est un érudit provincial qui face aux destructions des archives et monuments notamment lors de la période révolutionnaire, a eu à cœur de « préserver » en l’ écrivant l’histoire de Ligueil. Ses écrits qui « reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque » souffrent sur le plan scientifique et historique de son manque d’objectivité et d’une méthodologie parfois désordonnée. Ils ne peuvent servir de sources historiques fiables en raison de leurs multiples erreurs, mais restent précieux et ont le méritent d’être arrivés jusqu’à nous.
Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd’hui jugés condamnables. Ils n’en appartiennent pas moins à l’histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique.
Dans sa première édition de 1873, Elie Besnard du Château précise dans son avant propos : « Les vendales de la république de 1792 (…) ont livrés aux flammes : livres, manuscrits, archives, bulles, diplômes, chartes, etc… . (…) Il revient de , sinon impossible, du moins fort pénible et difficile de recueillir quelques faits de l’histoire surtout locale. (…) Depuis plus de 60 ans nous nous sommes mis chaque jour à l’oeuvre, et, sans avoir recueilli un riche butin (…) mû seulement par le désir de sauver d’un total oubli ce qui concerne le pays qui nous a vu naître, nous publions le fruit de nos recherches (…).
Fort de son succès auprès des habitants de Ligueil, Elie Besnard du Château publie en 1874 une deuxième édition et précise alors dans son avant propos : « En publiant en 1873, quelques faits relatifs à notre pays natal, nous étions bien éloigné de penser que pour si peu de chose, nous recevrions les témoignages les plus honorables de toutes les classes de la société »
Toujours dans la première édition, il explique qu’il a retrouvé dans « l’étude de notre père, qui était notaire du roi et du doyen baron de Ligueil, (un) registre précieux pour l’histoire et que, sur notre demande, l’autorité préfectorale a fait sortir du bureau de l’enregistrement de cette ville pour le déposer aux archives du département »
Il publie en 1852 également Manuel de charité. Pharmacopée, ou Recueil de remèdes… butiné et mis au jour pour être distribué gratuitement aux pauvres, aux habitants des campagnes et aux ouvriers de toutes les professions (réedité)

Le « Donneur de remèdes » : N’étant pas médecin officiel mais disposant de moyens financiers et d’un intérêt pour l’apothicairerie et la pharmacopée, il passe une grande partie de sa vie à soigner gratuitement les indigents et les malades de la commune, ce qui lui vaut ce surnom affectueux des habitants.


La chapelle Notre Dame des Anges

Catholique fervent et légitimiste convaincu, il avait été baptisé de nuit, clandestinement, dans l’ancienne chapelle Notre Dame des Anges, le 12 mai 1795, à une époque ou la Révolution proscrit le culte catholique. Il a été marqué toute sa vie par les exactions commises lors de la révolution.
Suite à la Révolution, ce lieu de culte a dû être vendu et a été démoli. L’enclos qui contenait l’édifice est devenu par la suite une vigne. Le 21 novembre 1869, Élie Besnard fit l’acquisition de ce bien entouré de murs. Au cours des années 1870, 1871, il y fit bâtir l’actuelle chapelle « Notre Dame des Anges », dans laquelle il fit également aménager son futur tombeau.
Il a à cœur de relever la chapelle, en témoignage de dévotion, mais également pour tenter d’effacer l’œuvre de la Révolution et de la République. il finance sur ses propres deniers la reconstruction intégrale de la chapelle Notre-Dame-des-Anges en 1871
Jean-Jacques Balthazar Besnard
Peu d’information sur lui, il semble être né le 27 juillet 1785.
Son nom est plus célèbre à Ligueil que celui de son frère car il a contribué par une donation à l’ouverture de l’hospice en 1867. Il est décédé au cours du XIXe siècle, avant que l’inauguration de l’établissement qui porte aujourd’hui son nom n’ait lieu.
aucun tableau, dessin ou photographie de sa personne n’est parvenu jusqu’à nous. Les seules images matérielles associées à sa mémoire et à son héritage à Ligueil concernent les lieux qu’il a financés ou sa dernière demeure.
L’hospice de Ligueil

D’Elie ou de Jean-Jacques Balthazar lequel à eu l’idée ? Le premier fait don du terrain (Clos de la Patouille), le deuxième finance. Par testament, il lègue à la commune 400 000 francs pour la fondation et l’entretien de l’hospice.
Fidèle aux traditions philanthropiques du XIXe siècle, il a également instauré un legs prévoyant une dot annuelle de 800 francs. Cette somme était attribuée chaque année à une « Rosière », une jeune fille choisie parmi les habitantes pauvres et particulièrement méritantes ou vertueuses de la paroisse pour l’aider à s’établir.
Dans sa notice historique sur la ville de Ligueil, parlant de l’hospice fondé grâce au généreux don de son frère, Jean-Jacques Balthazar, Elie Besnard a mentionné : « Ce bel et charitable asile des pauvres mérite d’être visité, particulièrement pour les vitraux de sa chapelle que, dans notre satisfaction, nous avons voulu donner a cette maison de prière ».
L’écusson rouge situé en bas à droite contient les initiales « J.J.B.B », en l’honneur de son frère. En bas à gauche, on peut également remarquer un écusson de couleur bleu. C’est celui de la ville de Ligueil. Juste en dessous, Elie Besnard a fait placer les initiales « E.B. DU C. » pour rappeler son don
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