La commune de Ligueil possède des points d’eau naturels -rivières, sources, nappes souterraines dont provient la distribution d’eau potable. L’eau n’est pas rare en Touraine et il n’y a pas de grands aménagements hydrauliques pour acheminer l’eau potable avant le xxème siècle.
En 1909, la commune de Ligueil ne disposait pas encore d’un réseau généralisé de distribution d’eau potable sous pression desservant les habitations privées. Un des moyens les plus efficaces pour se procurer de l’eau au quotidien à Ligueil était de forer un puits. Certains puits étaient individuels et privés, souvent dans l’arrière-cour, ou en commun a plusieurs habitations, d’autres étaient communaux.
La plupart des puits étaient alimentés par la nappe phréatique superficielle et la proximité de la rivière l’Esves. Les puits domestiques traditionnels captant cette nappe de surface affichaient généralement une profondeur comprise entre 14 et 18 mètres. A proximité directe du cours d’eau de l’Esves, le niveau de l’eau s’approchait à quelques mètres seulement du sol.
A travers les cartes postales de l’époque, on trouve la trace de la présence de ces puits. Ils ont tous aujourd’hui disparus.
La fontaine de la cure
La fontaine de la Cure, qui se trouvait, comme l’indique le cadastre de 1832, à l’emplacement actuel du lavoir de la Cure, construit en 1864 sur devis de M. Lecoy, conducteur des Ponts-et-Chaussées, traversait les jardins et la cour de l’ancien presbytère, puis le jardin de la seigneurie (actuelle place Gambetta) ou il se divisait en deux branches. L’une se dirigeait vers le nord ouest, pour alimenter le petit monastère crée par Saint Brice à son retour de Rome et le logie du prieur de l’église Saint-Laurent, aujourd’hui disparu, et la deuxième alimentait un bassin établi sur la place centrale de la ville, aujourd’hui place de la république.
Désigné par le mot « puits » sur le cadastre de 1832, ce bassin fut ultérieurement équipé d’une pompe, visible sur les photographies et cartes postales de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Toute trace de cet aménagement a aujourd’hui disparu.
Sur la plainte des Ligoliens concernant la qualité de l’eau des puits, le roi Philippe Auguste aurait fait amener sur le Carroir (actuelle place de la république) l’eau de la fontaine de la Cure, plus pure et plus saine.



D’autres puits


Les pompes
Vers 1840, le fer moulé remplace définitivement le bois. La fonte est robuste, ne pourrit pas, résiste au gel si elle est vidangée et permet une production en série.
Posséder une pompe à bras sur son puits était le summum de la modernité domestique.
La pompe devient aussi un monument public.
Les fonderies ornent les corps de pompe de motifs néo-classiques, de cannelures, de têtes de lion (le bec verseur sortant souvent de la gueule du lion) ou de blasons.



Les Pompes Briau (Tours) : Fondée au XIXe siècle, la maison Briau est devenue une référence réputée pour la robustesse extrême de ses mécanismes.
La vie sociale autour des puits
Souvent ce sont les femmes et les enfants qui étaient de corvée d’eau. Elle se faisait au moins deux fois par jours. C’était aussi l’occasion de rencontrer les voisins, d’échanger, de discuter ou de lancer des rumeurs.
La disparition des puits
De 1950 à 1970 toutes les grandes villes sont à peu près correctement équipées en adduction d’eau et réseau d’égouts. Pour les campagnes, ce sera plus long, certains villages attendront la fin des années 1980 pour voir arriver l’eau si propre du robinet
En 1950 en Touraine, 8 % des communes avaient une eau potable, 3 % avaient des bains douches, 12 % possédaient un réseau de tout-à-l’égout.
Les puits ont été abandonnés au moment des adductions d’eau, parfois même condamnés pour obliger les habitants à utiliser l’eau taxée. Certains ont été comblés parce que dangereux, pollués ou parce qu’ils gênaient les travaux d’assainissement et le passage des conduits d’arrivé d’eau par exemple.
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