Les puits à Ligueil

La commune de Ligueil possède des points d’eau naturels -rivières, sources, nappes souterraines dont provient la distribution d’eau potable. L’eau n’est pas rare en Touraine et il n’y a pas  de grands aménagements hydrauliques pour acheminer l’eau potable avant le xxème siècle.

En 1909, la commune de Ligueil ne disposait pas encore d’un réseau généralisé de distribution d’eau potable sous pression desservant les habitations privées. Un des moyens les plus efficaces pour se procurer de l’eau au quotidien à Ligueil était de forer un puits. Certains puits étaient individuels et privés, souvent dans l’arrière-cour, ou en commun a plusieurs habitations, d’autres étaient communaux.

La plupart des puits étaient  alimentés par la nappe phréatique superficielle et la proximité de la rivière l’Esves. Les puits domestiques traditionnels captant cette nappe de surface affichaient généralement une profondeur comprise entre 14 et 18 mètres. A proximité directe du cours d’eau de l’Esves, le niveau de l’eau s’approchait à quelques mètres seulement du sol.

A travers les cartes postales de l’époque, on trouve la trace de la présence de ces puits. Ils ont tous aujourd’hui disparus.

Puits place de la république (coll. privée)

Le même puits sous un autre angle

Puits place du marché aux légumes ou place de la république (coll. privée)
Puits place de l’église. (Coll. privée)
Puits place du champ de foire (coll. privée)

Les pompes

Vers 1840, le fer moulé remplace définitivement le bois. La fonte est robuste, ne pourrit pas, résiste au gel si elle est vidangée et permet une production en série.

Posséder une pompe à bras sur son puits était le summum de la modernité domestique.
La pompe devient aussi un monument public.

Les fonderies ornent les corps de pompe de motifs néo-classiques, de cannelures, de têtes de lion (le bec verseur sortant souvent de la gueule du lion) ou de blasons.

Les Pompes Briau (Tours) : Fondée au XIXe siècle, la maison Briau est devenue une référence réputée pour la robustesse extrême de ses mécanismes.

La vie sociale autour des puits

Souvent ce sont les femmes et les enfants qui étaient de corvée d’eau. Elle se faisait au moins deux fois par jours. C’était aussi l’occasion de rencontrer les voisins, d’échanger, de discuter ou de lancer des rumeurs.

La disparition des puits

De 1950 à 1970 toutes les grandes villes sont à peu près correctement équipées en adduction d’eau et réseau d’égouts. Pour les campagnes, ce sera plus long, certains villages attendront la fin des années 1980 pour voir arriver l’eau si propre du robinet

En 1950 en Touraine, 8 % des communes avaient une eau potable, 3 % avaient des bains douches, 12 % possédaient un réseau de tout-à-l’égout.

Les puits ont été abandonnés au moment des adductions d’eau, parfois même condamnés pour obliger les habitants à utiliser l’eau taxée. Certains ont été comblés parce que dangereux, pollués ou parce qu’ils gênaient les travaux d’assainissement et le passage des conduits d’arrivé d’eau par exemple.

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